Ibrahima Sory MARA, France

L’année dernière, comme tout étudiant guinéen, mon rêve ultime était de venir en France en vue de poursuivre ma formation académique.
Croyez moi que ce n’est pas chose facile car, au-delà des efforts et sacrifices consentis, il existe une très grande chance. C’est comme un jeu de hasard on ne sait jamais a priori qui doit gagner et, lorsque j’ai obtenu mon visa ce fut l’un des moments les plus merveilleux de ma vie et ce jour restera indélébile dans mon histoire.

Aujourd’hui étudiant à la fac des sciences économiques de Dijon en licence, je me permets de vous relater laconiquement la petite expérience que j’ai acquise pendant les premiers mois de mon séjour en France.

Je voudrais d’abord vous dire que ce pays offre toutes les chances aux étudiants de bénéficier d’une très bonne formation car toutes les conditions sont créées pour faciliter les études. Mais, ma première déception à Dijon fut le début de mes cours en amphi. Je croyais être dans un monde perdu, je croyais n’avoir jamais été à l’école. Ah ! Que ce fut marrant, toutes les paroles du professeur passaient par-dessus ma tête et à côté, des étudiants qui sans cesse, dactylographiaient sur leurs différents claviers d’ordinateurs portables pendant que je contemplais hagardement. Cette étape de ma vie, je l’appelai une semaine perdue.

Ne riez encore pas puisque le plus drôle reste à dire. Quelques semaines plus tard, le rythme des études devenu infernal avec des exercices à ne pas finir, des cours immenses et complexes. Pire, je rencontrais toutes les nationalités à la fac et les gens vadrouillent toujours comme des pèlerins préoccupés par leur sort, nul n’a de temps à perdre et ce fut le début de mon calvaire estudiantin.


Au métro, j’eu du mal à m’adapter. Un jour j’ai acheté mon ticket sans le composter, je fus appréhendé par les contrôleurs. J’étais tellement confiant que je le sortis, malheureusement que je me trompais. On me colla une amende de 45 Euros et je n’en croyais pas à mes yeux mais ici, nul n’est au dessus de la loi.

A Dijon, un étudiant seulement sur 10 réussit sa formation avec brio et les autres finissent par se leurrer avant de vaquer à autre chose le temps de régulariser leurs situations.


En second lieu, je tiens à interpeller chacun que la France n’est pas un pays de cocagne, l’eldorado où on croira tout avoir une fois atterri à l’aéroport. Ici, tout est beau, on mange à sa fin, on dort bien, mais tout se mérite et la vie se caractérise par une austérité sans faille.

Enfin, j’exhorte tous les compatriotes guinéens qui souhaitent bénéficier d’une formation qualifiée et compétitive de venir découvrir les facs de la France avec ses profs chevronnés, ses infrastructures modernes et ses diverses filières qui offrent des débouchées du marché de l’emploi contemporain.

Je ne saurai terminer ce témoignage, sans pour autant prodiguer ce sage conseil qui consiste à dire à chaque étudiant, que seul le courage, la volonté et la patience constituent la clef de la réussite car, c’est la valeur intrinsèque qui compte , le laxisme et les notes arbitraires n’ont pas place encore faut – il ajouter qu’ils doivent penser en amont à retourner pour servir le pays qui a tant besoin de nous aussi, que malgré l’autorisation de travail aux étudiants étrangers, il faudra être prêt financièrement puisque tout se passe en France par la carte bancaire sans laquelle, on reste contraint à ne pas bouger mieux, à ne pouvoir rien faire.
Bonne chance et à bientôt.

Ibrahima Sory Mara